Mauzac, .. son barrage…!

21 mai, 2018

Samedi 19 mai.

 

Hier soir, en arrivant au camping du Buisson, après un belle journée de navigation, j’ai vu un petit bungalow. Renseignement, pris, il était à louer, (hors-saison) pour vingt euros la nuit.

Résultat, je n’ai pas monté ma tente, et j’ai passé une soirée et une nuit royales, à deux pas de mon canoë, amarré près de la berge.

Ça fait du bien !

Ce matin, debout à 7 heures, comme d’habitude, mais beaucoup moins de préparatifs.

A 8 heures, j’étais parti. Un temps magnifique.

J’ai enfin identifié les coupables de cette espèce de « pollution », de toutes ces petites boules de coton qui volent partout et tapissent la Dordogne. Ce sont les peupliers ou, du moins, une variété de peupliers.

En fin de matinée, j’arrivais au cingle (méandre » de Trémolat. Un endroit extraordinaire, un immense plan d’eau, avec un seul inconvénient, les hors-bord qui filent à toute allure  et génèrent des vagues entrecroisées très désagréables pour le canoéiste. Le canoë danse dans tous les sens, tu ne peux rien faire, sinon accompagner le mouvement par un jeu très subtil au niveau des hanches.

Mais quand j’ai passé le cingle, je ne savais pas encore qu’arrivé à Mauzac, à quelques encablures de là, le barrage électrique totalement infranchissable (et en plus interdit!), allait mettre un point final à mon périple.

Sur la Loire, j’en ai rencontrés, des barrages, au niveau des centrales, mais partout, sur la Loire, il a été prévu des zones de portage.

Le portage, c’est quand tu es contraint à sortir ton canoë de l’eau, de l’emmener au delà de l’obstacle, de récupérer ensuite tes bidons, sacs, etc…, et ensuite, tu remets à l’eau et poursuit ton chemin.

Eh bien à Mauzac, cela n’existe pas.

Je me suis renseigné auprès des habitants. La réponse la plus  fréquente  et la plus ahurissante, c’est qu’au delà du barrage, ça n’a plus d’intérêt, et que personne n’y va. Mais il y a quand-même une petite route qui, à trois ou quatre kilomètres, peut peut-être permettre de remettre à l’eau.

Je fais mes comptes : Mettons trois kilomètres ; emmener le canoë plus les sacs, plus les bidons, ça fait trois aller-retours de six kilomètres. Franchement, je ne peux pas me résoudre à faire une « randonnée » de dix-huit kilomètres, portant les bidons de 50 litres, puis les sacs tout aussi encombrants, et ce d’autant plus qu’il faudrait recommencer quelques kilomètres plus tard, au niveau du barrage de Tuillères, entre Lalinde et Bergerac.

Donc, l’aventure s’arrête là.

Je n’imaginais pas du tout de remettre le canoë à l’eau à Bergerac pour faire une arrivée « glorieuse » à Sainte-Foy la Grande.

Étrange réaction. Une fois entérinée l’idée d’arrêter là, c’est comme si tous les ressorts s’étaient détendus en même temps, et il n’était plus question d’envisager de repartir.

Daniel est venu me chercher, nous avons chargé le canoë.

L’affaire était vraiment terminée.

La Dordogne, au fil de l’eau…

18 mai, 2018

Quelque part, jeudi soir.

 

Encore une belle journée de navigation. Du soleil, mais pas trop,  du vent, aussi, mais pas trop. Enfin, juste ce qu’il fallait.

Hier soir, j’ai réalisé que depuis hier après-midi, après avoir traversé une partie de la Corrèze, puis du Lot, je suis enfin en Dordogne.

J’ai eu confirmation. Depuis Argentat, j’ai descendu à peu près cent cinquante kilomètres, et jusqu’à Sainte-Foy-la-Grande, il se pourrait qu’il me reste une centaine de km.

Ce matin, j’ai rencontré une famille de cygnes. Très intéressant.

Habituellement, quand tu t’approches, les oiseaux, cygnes, hérons, colverts, etc.. s’envolent instantanément. Mais il n’en est pas question quand ils ont leurs petits avec eux.

Là, ce matin, pendant que la mère s’éloignait avec sa portée, le mâle a vraiment cherché à détourner mon attention. Il n’avait pas peur, et s’est mis à faire des fantaisies, l’air de dire « mais regarde-moi donc, laisse partir ma femme et mes gosses ». Il faisait la roue, poussait des petits cris, faisait mine de s’envoler pour se reposer trois mètres plus loin. Il m’a accompagné un petit bout de temps, puis, quand il a constaté que sa famille ne risquait plus rien, il a fait demi-tour, tout simplement.

Cet été, ils vont avoir intérêt à se planquer, les cygnes.

Les loueurs de canoës fourbissent leurs armes. J’ai vu des milliers de canoës, alignés en bord de Dordogne, et qui n’attendent plus que les clients.

Ce matin, ayant entendu dire qu’il y avait des rapides dangereux, j’ai posé la question à un loueur qui m’a rassuré. Je lui ai demandé combien il avait de canoës. Six-cents, m’a-t-il répondu. Un concurrent, cet après midi, m’a dit qu’en fait il en avait huit-cents, et en gardait donc deux-cents à l’abri du fisc. Solidarité professionnelle ! En plus, ils font probablement tous pareil !

Je n’aimerais pas vraiment être sur la Dordogne cet été.

Voilà une grosse différence, pour moi, entre la Dordogne et la Loire. La Loire est un fleuve sauvage, alors que la Dordogne se doit d’être un fleuve … rentable, et la mentalité des commerçants du coin semble vraiment tournée vers le fric.

Tout à l’heure, j’ai eu l’idée, en l’absence de camping, de pauser ma tente sur une base de canoë déserte. Un homme est passé par là, promenant son chien. Je l’ai vu de loin sortir son téléphone, et cinq minutes après,  le sous-chef de la base est arrivé, me priant de dégager rapidement.

Plus  intéressant, le long de la Dordogne, la succession de châteaux est impressionnante. On voit bien qu’on est en Périgord.

A ce propos, la légende, encore une, raconte que lorsque Dieu, dans sa grande bonté, a distribué les châteaux, en France, il se promenait avec son grand sac de châteaux. Il saupoudrait, distribuant avec parcimonie. Mais quand il est passé au dessus du Périgord, son sac de châteaux a crevé, et c’est pour ça, dit-on, que le Périgord est couvert de châteaux.

Pas de wifi, ce soir, donc pas de nouveauté sur le blog.

Demain, peut-être…

A voir…

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Le Buisson, vendredi 18 mai.

Le « quelque part », d’où je suis parti ce matin, c’était Envaux, près du château des Milandes, sur la commune de Saint-Vincent de Cosse.

Les Milandes, le château où ont vécu, il y a déjà pas mal de décennies, Joséphine Baker et son mari Jo Bouillon.

Mais les châteaux, ici ! J’en ai photographiés quelques-uns, mais je ne suis même pas sûr de les reconnaître.

Aujourd’hui, temps superbe. J’ai dû bronzer un peu, ce qui est du plus bel effet, non ?

Je raconterais bien les oiseaux, les arbres, mais ça aurait un goût de déjà lu.

Ah non, pas les arbres !

C’est assez incroyable, la variété des arbres qui bordent le fleuve. Les peupliers, les acacias (en fleur, quel parfum,on a l’impression de respirer du miel!), les frênes, les tilleuls, les saules, pleureurs ou pas, les chênes, les sycomores, et en plus tous ceux que je ne connais pas !

Il y en a un, que je n’ai pas réussi à identifier, qui distribue généreusement ses petits « sacs » de pollen. Ça vole partout, à un mètre au dessus de l’eau (ça va ; ça fait onze ans que je suis à la retraite, et depuis ce temps, je n’ai plus d’allergies!), et ça se pose sur l’eau. Il y en a partout.

Sur le coup de midi, je me suis arrêté à Saint-Cyprien, joli village un peu à flan de coteaux. Petite randonnée (ça fait du bien, je commençais à en perdre l’habitude, et mes jambes à ankyloser !

J’ai bien aimé ce village, dont on pourrait dire qu’il est resté « lui-même », contrairement, par exemple, à la Roque-Gageac, où j’ai aussi fait une petite pause hier.

La Roque-Gageac, un village où, il y a quelques années, un bloc de rocher s’est détaché de la falaise (on dirait que le village est construit dans la falaise). Ce village, entièrement dédié au tourisme massif, je ne pourrais pas dire que c’est un joli village. Tellement remis à neuf, astiqué, ripoliné, on dirait un décor de cinéma. J’avais ressenti la même gêne, il y a quelques années, en passant à Conques, ou à Estaing, par exemple.

Bien sûr, on comprend que pour survivre au déclin des campagnes, ils ont dû, et pu, se recycler, mais il me semble que l’argent et l’appât du gain ont peut-être remplacé le bon goût.

Rien de tout ça à Saint-Cyprien, mais qui sait peut-être n’est-ce qu’une difficulté d’investissement touristique.

En tout cas, tout en écrivant, là, je suis en train d’écouter la Moldau (Smetana).  Peut-être, me dira-t-on,  que c’est un peu pervers, après avoir pagayé toute la journée sur la Dordogne, d’écouter la Moldau, mais je me dis aussi que la Moldau pourrait n’être rien d’autre que la Dordogne mise en musique. En plus de ça, pendant cette descente musicale, ce n’est pas moi qui pagaie !

 

Il y a tant de chose qui te passent par la tête, pendant que tu pagaies (cinq, six ou sept heures par jour), que tu te dis qu’il ne faudra pas oublier d’en parler ce soir, sur le blog. Mais le soir, en arrivant, tu es fatigué, ta vieille tête est lasse, elle aussi, et, peut-être, ça sera pour demain, comme par exemple, La Roque-Gageac qui, hier soir, est restée tapie dans un coin de ma mémoire.

Alors, demain, qui sait ? …

 

Lien photos : https://1drv.ms/f/s!AocRslB_j-Ia9w3zB9gzEkiEsG84

La Dordogne et … les rencontres…

16 mai, 2018

Roufillac de Carlux, Mercredi 16 mai.

 

Encore une belle journée de navigation, aujourd’hui. Pas de pluie, pas de chaleur, le temps idéal.

Ce matin, à 9 heures, navigation dans un silence impressionnant, troublé seulement parles oiseaux et le bruit de ma pagaie. J’ai essayé de pagayer en silence, pas facile.

Pas mal de rencontres, pendant cette journée.

Un couple de cygnes, avec ses six petits (les fameux vilains petits canards), une famille de canards, une loutre, qui nageait à côté de mon canoë, pas impressionnée du tout, une biche à l’ouïe très fine, qui a bondi dés qu’elle m’a entendu, un groupe de sangliers, dont une laie avec quatre petits marcassins. Sans parler, bien sûr, des oiseaux qui, eux, sont là tous les jours.

Et puis, j’ai rencontré des pagayeurs, trois jeunes sur un canoë. Ça doit filer, mas quand je les ai vus, ils étaient à la pause casse-croûte, ce midi. Ils avaient entendu parler de moi, hier, et quand ils m’ont vu, ils ont fait de grands signes, et m’ont même aidé à amarrer mon canoë.

Nous avons mangé ensemble, passé un bon moment, et chaque canoë à repris sa route.

Ce soir, à l’arrivée, le courant était tel que j’ai failli rater le camping !

Mais je ne me plains pas , le courant est un bon moteur auxiliaire.

Je suis incapable de savoir quelle distance j’ai parcourue. Les jeunes de ce midi m’ont dit que nous avions fait un peu plus de cent kilomètres depuis Argentat

Ce soir, je crois que je vais bien dormir…

 

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La Dordogne au fil de l’eau…

15 mai, 2018

Saint-Sosy, mardi soir, au camping.

 

Et ben voilà ! Une page s’est tournée, j’ai passé la journée d’hier comme un coq en pâte, et ce matin, je suis reparti, quasiment comme si de rien n’était.

D’abord, je remercie infiniment Simone, que je connaissais à peine, et qui m’a reçu comme un ami de longue date. Honnêtement, ça fait deux fois que dans un moment difficile, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes généreuses tout simplement, comme si c’était naturel.

Je ne suis pas sûr que tout ça soit encore naturel !

Donc, un grand merci à Dominique, sur le chemin, et un grand merci à Simone.

Mais la route est là, qui incite inexorablement à repartir.

Aujourd’hui, je n’ai pas eu de pluie ; c’est déjà quelque chose, et j’ai navigué dans de bonnes conditions.

Bien sûr, à l’approche des rapides, il y a toujours un petit stress, une petite émotion, mais j’aime ça.

C’est comme un petit défi. L’aura, l’aura pas ? Mais finalement, on reconnaît vite les grondements du passage. Dangereux ou pas, on apprend à le sentir, peut-être jusqu’à la prochaine erreur, qui sait.

Pour en revenir à mon pépin d’avant-hier, le premier problème, c’est qu’il n’existe quasiment pas d’information sur la descente de la Dordogne. Rien ne me permettait d’imaginer ce moulin à eau désaffecté et sa chute d’eau en pleine activité, elle.

De même, pour les distances, il n’existe, à ma connaissance, aucune information. La distance entre les village n’a strictement aucun sens. La Dordogne, sur cette partie de son cours, n’est qu’une énorme suite de méandres. C’est magnifique, certes, mais je ne sais pas quand j’arriverai.

……………………..

Petite pause, le temps de dîner.

J’étais son seul client, et le gérant du camping m’a soigné.

Pendant que tu navigues, tu vis des moments incroyables. Bien sûr, une partie de ta conscience reste vigilante, à l’écoute des grondements divers et variés de la Dordogne. Cette exigence vitale est là, quasiment autonome, et pendant ce temps-là, ton imagination gambade, et tu passes plus ou moins consciemment, tout en revue, aussi bien le livre que tu lisais cette nuit, entre trois et quatre heures du matin, que les maisons qui surplombent la falaise (comment ont-ils pu construire aussi près du précipice, pourquoi, le terrain était-il si cher?), et puis, tu vois passer un oiseau, une fusée noire et jaune.  Était-ce un loriot, cet oiseau si difficile à rencontrer et à reconnaître ?

Et puis, tu vois passer ta vie, tes souvenirs, les meilleurs, les pires, tes rencontres, leur sens… Et brutalement, le grondement de Madame Dordogne te rappelle à l’ordre, et là, tu files doux ! Pas question de te faire envoyer au tapis. Une fois suffit !

Et demain ?

Bah, on verra bien ! Mañana es otra dia, no ?

Alors…

 

Lien photos, au fil de la Dordogne : https://1drv.ms/f/s!AocRslB_j-Ia9my8b24NqbiV-gCy

 

Ce soir, je suis fatigué, et je n’ai pas eu envie de choisir. Alors, c’est vous qui choisirez !

L’aventure? Où ça?

14 mai, 2018

Vayrac, lundi après-midi.

 

Nom de nom, les jours se suivent, et chacun apporte son lot d’épreuves, de mésaventures, d’aléas, de … fantaisie !!!

Arrivé à Argentat vendredi après-midi, mais, … ça fait déjà si longtemps.., j’ai trouvé ma chambre, chez une vieille républicaine catalane, vivant à Argentat depuis une trentaine d’années, mais devenue indépendantiste grâce à (ou à cause de ) Rajoy, sur qui elle vomit à peu près comme sur Franco.

Depuis huit jours, je n’étais plus informé de rien, à part les échos du flot variable de la Dordogne et de ses affluents, à part aussi le chant des oiseaux qui en racontent de belles.. Mais la dame m’a « mis à jour », au moins sur ce qui concerne l’Espagne et l’Europe. J’ai pris là une fameuse leçon de géopolitique !

Samedi après-midi, Daniel et Dolorès, (sa compagne) sont arrivés.

Nous avons rejoint le château d’Estresse, près de Beaulieu sur Dordogne, l’endroit exact où j’avais constaté les dégâts de mon canoë, il y a un an.

Là, sous une pluie battante, j’ai monté ma tente.

La soirée sous la pluie fut un peu tristounette, mais le moral était bon.

Hier matin, dimanche, il ne pleuvait plus.

J’ai démonté tout, chargé le canoë, et, en route. Le temps me convenait bien, et la navigation était bien agréable. J’ai passé quelques rapides, sans soucis, tout allait pour le mieux

A l’approche de Carennac, j’entendais des grondements qui ne m’annonçaient rien de bon. Je me suis approché de la rive gauche. Je voulais voir les possibilités de passage. Il y avait là une sorte de barrage, de retenue d’eau, et les vagues explosant en bas sur les rochers m’auraient explosé mon canoë, et peut-être moi avec.

Le peu d’information dont je disposais ne disait rien à propos de ce passage. Perplexe, je me suis engagé sur un petit bras de la Dordogne qui partait, là, juste avant ce barrage.

Je ne savais pas où je mettais .. ma pagaie, et y allais sur la pointe des pieds.

Tout à coup, le canoë a pris de la vitesse. Virage à droite, virage à gauche, je ne commandais à peu près plus rien, et c’est parti dans la chute d’eau d’un moulin désaffecté. Le canoë s’est retourné, m’a jeté à l’eau et est parti dans la chute. Je m’y suis accroché, je ne voulais pas le voir partir sans moi.

J’ai donc descendu la chute à grande vitesse, buvant des tasses (d’eau douce, dieu merci!), et nous nous sommes échoués sur une sorte de banc de graviers.

Ouf, j’allais pouvoir faire le bilan et enfin repartir.

Comme chaque fois, j’avais équipé le canoë d’une chaîne, sécurisant tous les sacs et bidons.

Seuls, la bouteille de gaz et mon chapeau sont partis au fil de l’eau, mais sur le moment, j’avais d’autres soucis.

Le canoë devait contenir presque une tonne d’eau, et tout le matériel enchaîné traînait sur le côté. Pas question de retourner le canoë. Je l’ai donc vidé à l’écope (ça réchauffe un peu!), puis suis reparti, grelottant, me demandant à quelle sauce j’allais encore me faire manger !

Finalement, l’affaire s’est terminée par un toboggan qui m’a ramené à la Dordogne, après m’avoir, quand-même permis de récupérer ma bouteille de gaz, stoppée un peu plus loin par des branchages. Le chapeau, lui, est parti vivre sa vie. Il est vrai que sur la Loire, il avait tenté, déjà, de vivre ses propres aventures, mais là, je l’avais rattrapé !

 

Là, j’ai repris ma route, frigorifié, mais…

Et oui, il y a un mais qui sauve tout.

Une amie malouine, Marie, m’avait recommandé de passer dire bonjour à une amie à elle, qui habite à Vayrac, à quelques kilomètres de Carennac. Je connaissais cette amie, Simone, pour l’avoir rencontré une fois.

J’ai accosté et l’ai appelée.

Un couple de marginaux qui vivait là dans son camping-car m’a proposé de me réchauffer avec un thé en attendant Simone. Nous avons mis le canoë à l’abri à côté du camping-car, puis Simone m’a emmené chez elle.

Là, elle a fait l’infirmière (un de mes genoux avait un peu pâti de l’affaire), et j’ai enfin pu me réchauffer.

Un accueil tout naturel et chaleureux, un peu comme celui de la dame qui m’avait invité à partager son repas, il y a des circonstances où ça fait le plus grand bien.

J’y suis encore aujourd’hui, et demain matin, je repars pour de nouvelles …

A suivre, donc, ça risque de devenir palpitant, non ?

Gramond, la détente, puis, … l’arrivée à Argentat.

12 mai, 2018

Gramond, commune de Saint-Martin la Méanne, le 10 mai.

 

Parti ce matin de Coufinier, après une très bonne soirée chez Jean-Marc et Solange, je suis arrivé à Gramond en début d’après-midi, après une randonnée finalement assez tranquille. Aujourd’hui, pas de gros dénivelés, ça fait du bien.

En marchant, je repensais à mes hôtes de ces deux derniers jours.

Ce matin, pendant le petit déjeuner, en tête à tête avec Solange, elle m’a raconté qu’elle sortait d’une grave dépression, et que lui, avait fait relativement récemment, un « gros burn-out » (sic).

Ça permet de mieux comprendre ces comportements de surcompensation. Et avec ça, on se dit que leur vie ne doit pas être simple tous les jours.

Et pendant que je pense à tout ça, les kilomètres se suivent, les montées, les descentes, s’ingénient à te bouffer les genoux. Enfin, on avance.

Beaucoup de coupes, dans les forêts de la région. Il paraît, d’après le conseil départemental, qu’il faut faire du passage pour la future installation de la fibre optique. Les gens semblent beaucoup plus convaincus d’une magouille qui, bien sûr, ne dit pas son nom !

Dans ces coupes, j’ai vu de superbes tronçons de bouleau. J’en aurais bien emporté un, mais une bûche d’un mètre de long et de vingt centimètres de diamètre, ça ne rentre pas dans le sac-à-dos ! Dommage. J’ai vraiment envie de tourner du bouleau.

Et cet après-midi, j’arrive chez un couple de profs de sport retraités, des « hors-venus » qui ont magnifiquement restauré une vieille maison.

Et dans la cour de mon gîte, je trouve… un canoë !

Luc, le prof, a fait pas mal de canoë/kayak, dans pas mal de rivières.

Ça nourrit la conversation.

Mais la conversation, ils l’ont !

Jean-Marc m’avait prévenu : Luc et Francine, ce sont les philosophes de l’association !

 

Demain, dernière étape de cette belle randonnée, que j’ai quand-même trouvée sévèrement sportive.

Daniel doit arriver samedi avec mon canoë et tout le matériel, et si tout va  bien, je repartirai dimanche.

Il se pourrait bien que je reparte de l’endroit où j’ai été contraint d’arrêter, l’an dernier, ce qui m’éviterait le risque de refaire de la casse au même passage.

Mais on n’en est pas encore là.

 

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Argentat, samedi 12 mai.

Ça y est ! Je suis arrivé au bout de la partie pédestre de mon périple, et… j’en suis bien content

Mes genoux commençaient à protester un peu.

La dernière étape ne fut pas la plus facile, avec toujours ces gros dénivelés.

A propos de ces dénivelés, j’ai entendu des choses assez curieuses, pendant mon chemin.

Sur le guide, le total des dénivelés positifs est de 6400 mètres, et le total des dénivelés négatifs est de 6920 mètres. Quelqu’un m’a dit que sur ce chemin, les dénivelés représentent 13320 mètres, ce qui, à mon sens, ne veut pas dire grand-chose.

Je me suis dit que la soustraction me donnerait la différence d’altitude entre Bort-les Orgues et Argentat, soit 520 mètres.

Vérification faite, c’est faux, la différence d’altitude n’étant que de 275 mètres.

Comprenne qui pourra.

Finalement, on peut se dire que ça ne vaut pas le coup d’en faire tout un plat, mais ça, je crois qu’on ne peut se le dire qu’après l’arrivée !

En tout cas, j’ai été ravi de voir apparaître les premières toitures d’Argentat.

 

Cet après-midi, Daniel (mon frère, le plus jeune) arrive avec mon canoë et tous les accessoires (tente, bidons étanches, sacs étanches eux aussi, etc..).

Je vais commencer par planter la tente, et demain matin, j’attaque la descente. Et dans celle-ci, il n’y a aucun dénivelé positif. C’est déjà ça.

Je ne sais pas quand j’airai accès à la wifi, pas plus qu’au réseau téléphonique.

Alors, … à bientôt…

 

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Ah, l’ego des bonnes gens…

9 mai, 2018

Mercredi 9 mai

La Bitarelle, commune du Gros Chastan.

Ah, l’ego des bonnes gens…

 

Soirée sympathique, mais longue, hier soir, chez Jean-Marc Chirier, président fondateur de l’association « La Dordogne, de Villages en Barrages ».

Le brave homme a passé la soirée à m’expliquer ses mérites, que ce soit en tant qu’homme politique ou comme président.

Premier adjoint au maire de Gros Chastan, commune de cent cinquante habitants m’a-t-il précisé, il a été élu au conseil municipal avec cent vingt-quatre voix, plus que le maire qui, lui, n’en a eu que cent dix-huit.

Cent vingt-quatre voix pour cent cinquante habitants !

Il y a eu un petit flottement quand j’ai supposé qu’il ne devait pas y avoir beaucoup d’enfants à Gros Chastan !

Il s’est vite rattrapé en me parlant de l’amitié indéfectible de son ami François. François qui ? Ben Hollande. Et c’était reparti. Comme Hollande ne suffisait pas, il m’a dit aussi son amitié avec tous les directeurs du Crédit Agricole de la région, ainsi qu’avec tous les responsables des barrages sur la Dordogne.

Avec tous ces amis, je lui ai demandé s’il était inscrit sur Facebook. Ça ne l’a même pas fait rigoler !

En fin de soirée, il m’a quand-même rassuré en me disant, les yeux dans les yeux, que tout ça n’avait pas grande importance, et qu’il n’avait pas d’ego.

Pas de problème.

Mais ce soir, je dîne encore avec lui, et avec son épouse qui ne parle pas trop, quand  il est là.

Je repensais au repas de midi, totalement inimaginable dans les minutes qui l’avaient précédé, et où l’échange avait été très spontané et très agréable.

Ceci dit, la randonnée d’aujourd’hui a été très bien. Après les déluges de la fin de journée et de la nuit, le ciel s’était vidé. Les chemins étaient un peu dévastés, mais je n’ai eu ni pluie ni chaleur, et j’ai pu faire mes quasi vingt-cinq kilomètres sans souffrir.

Demain, avant-dernière étape, déjà, de cette randonnée difficile. Demain soir, je serai à Saint-Martin la Méanne.

Mais avant, il y a la soirée, ce soir !!!

Alors…

Les aléas de la rando…

9 mai, 2018

Mardi 8 mai, à Bitarelle, commune de Gros-Chastan.

Les aléas de la rando…

 

Hier soir, je n’ai rien écrit. L’étape m’avait lessivé, rincé !

Les dénivelés (1000 mètres + et 1100 mètres – ), sur des « sentiers » que ne prendrait ni une chèvre ni un âne (même corse), avec en plus la chaleur, tout ça a eu raison de ma résistance. Avec ça, dans une descente invraisemblable où le sentier, à peine plus large que mon pied, se confondait avec le ruisseau, j’ai voulu poser mon pied sur un tas de feuilles que j’ai supposées soutenues par une pierre.

Il n’y avait pas de pierre !

Il faut imaginer la scène. Je me suis retrouvé instantanément couché dans le ruisseau-sentier, sur le dos, la tête en bas, les pieds vers le haut. Quand j’essayais de me relever, les poids du sac à dos m’entraînait vers le bas. Pendant quelques secondes, j’ai cru que j’allais rester là, dans ce coin perdu où personne ne passe.

Puis j’ai défait les bretelles du sac à dos, et suis sorti de là, indemne, mais un peu ahuri.

Le côté grotesque de ma position, (comme une tortue sur le dos dans un ravin), a fini par me faire rire!

Puis je suis reparti, à monter, descendre, remonter, redescendre, etc..

J’en suis arrivé à supposer que les concepteurs de cet itinéraire, qui est très récent, n’ont pas eu l’idée de vouloir jouer tout de suite dans la cour des grands, et de rajouter des difficultés, un peu comme sur un jeu vidéo.

J’ai dîné avec mes hôtes du gîte.

Pas de lecture, rien, sinon un gros dodo !!!

Ce matin, m’attendait encore une nouvelle mésaventure.

Même topo qu’hier, gros dénivelés dans les deux sens, mais là, s’y est rajoutée une farce. L’itinéraire a été modifié depuis la parution du guide (une histoire d’accord avec l’EDF, le principal sponsor de l’association).

Arrivé à un petit lieu-dit, du joli nom de Durfort (ça ne s’invente pas!), il y a eu deux balisages, et je n’avais évidemment que l’ancien. Je croyais descendre à Spontour, le premier port des gabariers, avant l’apparition des barrages, j’ai longé la Dordogne. Je remontais, redescendais, espérant enfin comprendre ce foutu balisage, puis me suis enfin retrouvé dans un cul-de-sac. Je pensais passer au plus près de la berge.

Une dame, à la terrasse de sa maison, m’interpelle et me demande où je vais. Je lui explique d’où j’arrive, mon incompréhension du problème, mon impossibilité à téléphoner ( il n’y a pas de réseau, très souvent).

Elle m’invite à entrer, me propose de boire quelque chose de frais, et finalement, m’invite à partager son repas, tout en me prêtant son téléphone fixe.

J’étais vraiment fatigué, le gîte d’hier soir ne fournissait pas de pique-nique, et là, je me retrouvais, les pieds sous la table, à partager  un bon repas. La dame était une grande voyageuse, et nous avons parlé de plein de choses. Nous en étions au café quand le responsable de l’association est arrivé.

C’est lui qui devait m’héberger ce soir. Je suis donc arrivé un peu plus tôt que prévu.

Demain matin, je repars pour de nouvelles … aventures, et je reviens dormir chez lui demain soir.

Mais on n’en est pas encore là…

 

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Liginiac, et … son camping !

9 mai, 2018

Liginiac, samedi soir.

 

Liginiac, et … son camping !

 

Très belle soirée, hier soir, à la Ferme d’Endregeat, le gîte de l’étape.

J’étais le seul randonneur à leur table, et Jean et Jeanine m’ont reçu comme si j’avais été un cousin éloigné.

Ils m’ont raconté, un peu, leur vie de paysans retraités, contraints à se recycler dans le tourisme. Ils m’ont parlé de la vie des paysans en Auvergne, et j’ai appris des choses intéressantes. Par exemple, le fameux libre échange, cher à nos néolibéraux, a permis aux moutons.. néo-zélandais et australiens de ruiner la quasi-totalité des éleveurs ovins auvergnats. C’est marrant, quand-même. Leurs moutons étaient-ils meilleurs ? Mais non, ils étaient simplement plus nombreux, et leur élevage ne coûtait pas grand-chose. Autre chose étonnante, qu’ils m’ont raconté hier soir. Pour les éleveurs qui ont survécu, la tonte du mouton, chaque année, n’est pas une source de revenus, mais une charge. La tonte d’un mouton coûte plus cher que ne rapporte la laine tondue. Autrement dit, c’est quelqu’un d’autre qui ramasse !

Et on semble s’étonner de voir les villages mourir et les campagnes se désertifier. Tout ça a quelque chose d’exaltant, non ?

Enfin, ce matin, je les ai quittés, et suis parti pour Liginiac. Une étape plus dure que la première, avec de gros dénivelés. Mais, avec un temps magnifique, je suis passé dans des régions extraordinaire. Il a fallu contourner la vallée de la Diège (il n’y a pas de pont!), une petite rivière, elle aussi régulée par EDF, qui rejoint la Dordogne à … Saint-Nazaire, un site légendaire. A ce qu’on raconte, dans les temps anciens, et même encore plus anciens que ça, le Diable faisait des tas de misères aux malheureux qui passaient dans ces lieux incertains. Les gens finissaient par en avoir très peur. Un beau jour, toujours selon la légende, bien sûr, le fameux Saint Nazaire passant par là, s’est fait raconter l’affaire, puis il a organisé une procession (j’ai failli écrire une battue). Il a emporté grande quantité d’eau bénite, et quand le Diable s’est approché avec ses mauvaises intentions, le Saint homme l’a abondamment aspergé d’eau bénite. Le Malin n’aime pas l’eau bénite, tout le monde sait ça, et il a fini par s’enfuir. Manque de chance pour lui, il est tombé dans le ravin, mais les fins observateurs ont pu voir, imprimés dans la roche, les traces de ses pieds fourchus.

La réalité est beaucoup plus prosaïque. Le Saint Nazaire a été décapité, sous Néron.

 

Quand je suis arrivé à Liginiac, fatigué de cette étape, j’ai eu la surprise, oh combien désagréable, d’apprendre que le camping était encore à cinq kilomètres de là.

Ça te tombe dessus alors que tu es persuadé que dans dix minutes, tu seras sous la douche. Terrible !

Ces cinq kilomètres furent … longs.

 

Et au camping, la wifi est en panne.

Comme je serai encore à ce camping demain soir, ça partira peut-être lundi soir….

 

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Dimanche soir, le 6 mai, même camping.

 

Hier soir, arrivé au camping (je dors dans un bungalow), je me sentais vraiment épuisé, et me demandais comment j’allais faire, ce matin dimanche, la forme était là, au rendez-vous, et le moral aussi, car dans la nuit, je me suis dit que les cinq kilomètres en trop d’hier, ce serait en moins pour aujourd’hui.

Super !

Aujourd’hui, j’ai marché, pendant un moment, avec un groupe de neuf personnes, et ça m’a confirmé dans le désagrément que je ressens à marcher en groupe. Les trois premiers marchaient bien, donnant l’impression de tirer le groupe. Les trois derniers traînaient la patte. Le groupe s’effilochait, et de temps en temps, tout le monde s’arrêtait pour attendre les lambins.

J’ai filé mon chemin, et ils m’ont rejoint à midi, à la pause pique-nique.

Il y avait parmi eux un des organisateurs de l’association «La Dordogne, de Villages en Barrages», celle qui a créé cet itinéraire, et il a eu la gentillesse de me prévenir que dans trois jours, je vais en baver. Merci, Monsieur l’Organisateur.

Quand j’ai fait mon itinéraire, il n’y avait pas de couchage libre à Clémensac. J’avais donc contacté un taxi, qui aujourd’hui, m’a ramené au camping, et qui, demain matin, me déposera à Clémensac.

Mais demain, c’est loin, et ce soir,

Repos…

 

 

Liens photos : https://1drv.ms/f/s!AocRslB_j-Ia9kFRRtCWLGKTbAGs

 

 

Retrouvailles avec le Massif Central.

4 mai, 2018

Saint-Julien-près-Bort, vendredi 4 mai.

 

Parti ce matin à 8 heures, pour une étape de 18 km, je suis arrivé à Saint-Julien à 14 heures.

Neuf ans après le chemin de Compostelle, j’ai retrouvé toutes les sensations liées à la marche dans le Massif Central. La montagne, le printemps, les fleurs partout, les vaches avec leurs grandes cornes, très majestueuses, l’odeur du lait (et aussi celle du reste!), les coucous, les piverts, les grands rapaces planant au dessus de la vallée, tout y était.

Je vais devoir ajouter une orchidée à ma collection de photos d’orchidées vues dans le monde.

Je renverrai le lien, rien que pour le plaisir.

Belle étape, pour commencer. Un peu rude, aussi.

Six cent soixante mètres de dénivelé positif, et cinq cent mètres de dénivelé négatif. Je me serais volontiers satisfait de la différence.

Simplement pour monter aux Orgues, qui dominent Bort, j’ai eu dans les trois cent cinquante mètres de dénivelé positif, d’une traite, grosso modo une heure et demie de montée.Mais, ça valait le coup.

Malgré un peu de brume, depuis le belvédère, on voyait toutes les montagnes autour.

Quand on voit des phénomènes de cette nature, d’autres, aussi, comme l’Aubrac, la Côte de Granit Rose, ou encore Huelgoat, on se dit qu’on aurait aimé être géologue, pour comprendre un peu tout ça, (enfin,.. je me dis). Que s’est-il passé, là ou là, pour que d’un coup, la nature se mette à faire des folies ? Tiens, je m’aperçois que j’ai oublié Iguaçu, et la Baie d’Along…

Enfin, pendant que tu marches dans ces décors invraisemblables, ta tête aussi, se met à gambader, et voilà que sans y prendre garde, tu te retrouve en train de te concentrer sur une fleur, ou sur le chant d’un oiseau que tu ne connais pas. Et c’est bon !

L’étape de demain me conduira à Liginiac, encore environ 18 km, et les dénivelés, 720 mètres positif et 760 mètres négatif risquent de m’interdire toute forme de « gambade mentale ».

Mais demain est un autre jour, non ?

Alors, on verra bien !

 

Lien, photos première étape :

https://1drv.ms/f/s!AocRslB_j-Ia9jkUiu6syC6Z6jL_

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